ACP

Résultats de la tombola 2011

Le gagnant de l'éléphant est :
Sébastien Baziret, valaucyp@free.fr
Offert par FARO EAST Jean Baptiste Montaut et Patrick DAHLAN.
http://www.faro-east.com
Faro East

Tombola ACP 2011 : Un gagnant heureux

Février 2011 :

Je chasse en France depuis de nombreuses années. L'Afrique m'a toujours intrigué mais aventure lointaine aux budgets rédhibitoires créant barrière que je n'ai pas cherché à franchir. Lorsque que j'ai vu l'offre du jeu concours de l'ACP pour le gain d'un safari Eléphant, j'ai acheté un ticket sans grande conviction mais caressant le rêve de faire cette chasse mythique en tous points de vues. L'Afrique, l'effort, l'émotion face à un animal aussi énorme et unique, bref l'aventure d'un monde loin du mien, inaccessible mais un monde de toutes les ruptures de notre vie quotidienne. Quelle n'a pas été ma surprise, et ma joie d'entendre mon nom au tirage en avril 2011 !! C'était tellement incroyable que je ne réalisais même pas. Je ne suis pas forcément chanceux au jeu mais là l'événement était de taille...

J'ai dû attendre fin Aout pour obtenir des renseignements sur les modalités et calendrier de mon séjour, c'est à ce moment que le Président de l'ACP, ayant appris que l'on ne me répondait pas, m'a téléphoné, proposé un rendez vous, et pris en main à la place des acteurs en charge de mon dossier (donateur ou responsable interne) qui ne répondaient pas. Patrick DAHLAN est un homme efficace, réactif, directif, ne perd pas son temps, mais ne laisse pas les choses en plan. Il a immédiatement décidé, en accord avec son associé Jean Baptiste Montaut, d'endosser au nom de FARO EAST le safari qui m'était promis. Je suis très heureux de cette issue tant les choses ont pris une tournure bien différente à ce moment.

Détail du séjour :

Vendredi 30/03 :

Départ pour Garoua via Yaoundé sur la zone FARO EAST, 100 000hectares de superficie, à 100kms du Nigéria, 3Heures de route de Garoua. Le territoire est montagneux, et je me suis préparé physiquement, du moins je le crois. Mon arrivée sur le camp se fera de nuit, après 3 heures de pistes dans un 4x4 heureusement confortable et climatisé. Il est plus de minuit, et la température avoisine les 35°. Guillaume BECKER, mon guide durant ce séjour m'accueille et m'installe dans mon boukarou au toit de paille, propre, confortable et bien équipé. Ce jeune guide de 26 ans, originaire de Moselle, a déjà 6 ans d'Afrique derrière lui ! Je me couche en réalisant maintenant que je suis là, au cur de la brousse, moi le petit chasseur de lapins à teckel, et que dès demain je partirai chasser le plus grand pachyderme d'Afrique...

Samedi 30/03 :

Après le traditionnel tir de réglage, nous partons au pistage.
4 pisteurs, un chauffeur, Guillaume et moi-même prenons place dans le 4x4. Nous avançons lentement pour relever la moindre trace. Le paysage montagneux borde la savane arbustive. Le Pick-up franchit les mayos sans difficulté et j'apprécie ces moments à la fraîche. Le véhicule stoppe sur l'injonction de Guillaume : des traces d'éléphant sont visibles sur le sol. Les pisteurs prennent les sacs remplis de gourdes d'eau fraiche et nous partons à pied à travers brousse. La chaleur monte et le sol devient brulant. Les éléphants sont devant nous, il faut les remonter. Mes Pataugas tiennent mal mes chevilles, et je commence à comprendre que ce ne va pas être du gâteau. Les dénivelés s'enchainent, mais au bout de 3 heures, nous sommes derrière eux. Nous les approchons, en veillant toujours à être à bon vent. Ces animaux ont une mauvaise vue, mais leur odorat est très développé.

Nous jumelons le troupeau d'une trentaine de têtes. Le contrat est clair : nous devons tirer un mâle porteur de plus de 5 kg. Nous sommes à trente mètres, pas de mâle dans ce troupeau. Le vent tourne légèrement et je prends mon premier contact avec une femelle : celle-ci s'éloigne du troupeau, et fonce vers nous.

Nous reculons et elle s'arrête, juste de l'intimidation !
Le troupeau reprend son chemin, et nous repartons vers le 4x4. Je saisis maintenant, sous ce soleil de plomb, que la condition physique est primordiale. Guillaume me prévient : «un éléphant ça se tue avec ses jambes» Après le déjeuner, nous repartirons relever les traces pour organiser la chasse du lendemain. 2 braconniers seront arrêtés par l'équipe anti-braconnage du camp très active en permanence et remis aux autorités.

Dimanche 1/04 :

6h : départ
Les traces démarrent au pied de la montagne, nous les suivons.
Cette fois le troupeau est important. Les branches arrachées et les arbres déracinés me montrent la puissance de cet animal. Ils marchent sans s'arrêter. La chaleur est insupportable.
Nous avançons depuis 4 heures, sans jamais les voir. Les mouches Tsé-Tsé se gavent de mon sang ! Petite pause à l'ombre entre 2 collines. Je termine ma 2ème gourde d'eau quand nous apercevons sur la colline en face, la poussière du troupeau s'élever au-dessus des arbres. Ils sont là, à 800 mètres et sortent à découvert. Quel spectacle magnifique !
80 têtes de toutes tailles s'éloignent à pas cadencé, en pleine montagne. Seuls les objectifs de nos appareils photos pourront les atteindre aujourd'hui ...
Je rentre au camp épuisé, une douche et un bon repas seront les bienvenus ! La cuisine est fameuse. Le filet d'élan de Derby, animal très présent sur la zone et dont les trophées ornent les murs du camp, est délicieux.
La soirée se termine autour d'un feu de camp en compagnie de Guillaume.

Lundi 2/04 :

A la recherche d'une piste, nous croisons celle d'un koba, puis d'un buffle. La savane est bien verte, et les troupeaux d'antilopes nombreux.
Nous marchons depuis 2 heures en direction d'un mayo. Les éléphants aiment s'y arrêter pour manger à l'ombre. Nous progressons toujours en colonne. Gadal et le chef Haman ouvrent la piste, suivis de Guillaume. Je me place derrière eux, Albert et Dina, ferment la marche. Ces hommes ont une résistance physique hors du commun.
Munis d'une bouteille plastique en bandoulière, ils parcourent des kilomètres sans boire une goutte d'eau. Toute la colonne est concentrée, Gadal donne les directions à suivre. Le vent tourne souvent aujourd'hui et notre route décrit des lacets ininterrompus.
Nous approchons les éléphants à 15m en surplomb du mayo. Guillaume est satisfait, la situation est idéale, de plus un beau mâle est situé à l'arrière du troupeau, en contre-bas. Les éléphants défilent doucement devant nous et j'ai posé ma carabine sur le trépied. Toute l'équipe contemple la scène et nous attendons calmement que le mâle vienne se placer dans la croix de la lunette. Soudain, Albert me tape sur l'épaule, je tourne la tête vers lui, et apparaissent à notre hauteur, à seulement 20 m, une femelle et son petit en train de nous observer.
Cet animal de plusieurs tonnes s'est en fait approché de nous sans le moindre bruit. Guillaume me dit de reculer doucement. La femelle s'approche, ses oreilles flappent l'air, sa trompe s'agite, et finit par barrir! « Cours » crie Guillaume, le troupeau démarre en furie. Le sol tremble, je saute dans le mayo sur les traces de mon guide. Tout va très vite, les pisteurs montent aux arbres.
La poussière est partout dans l'air. Plus un bruit. Guillaume s'est arrêté, il me regarde et sourit : mes jambes tremblent ! « L'éléphant c'est ça aussi ! » Quelle montée d'adrénaline !
Je n'ai jamais ressentie une émotion aussi intense à la chasse. Ca commence vraiment à me plaire ! L'équipe est de nouveau rassemblée, nous rions tous ensemble, soulagés. Le troupeau, lui, est déjà loin. Nous reprenons la direction de la piste, et croisons une girafe, qui nous observe, majestueuse. Pas de trace l'après-midi. La température monte un peu plus chaque jour, et nous atteignons désormais les 48° à l'ombre. Brochettes de koba et mangue achèveront cette journée riche en émotions.

Mardi 3/04 :

J'ai mal dormi. Plusieurs douches nocturnes sont nécessaires pour pouvoir trouver le sommeil. La moustiquaire protège des insectes, mais empêche l'air de passer par les fenêtres grandes ouvertes. A 6h, l'équipe sur le départ est toujours aussi enthousiaste. Un magnifique troupeau de buffles passera devant notre 4x4. Nous approcherons ce jour un troupeau d'une quarantaine de têtes à 30 mètres.
Après plusieurs mises en position sans ordre de tir, l'orage éclate. Le vent tourne et notre troupeau prend la fuite sous une grosse pluie. Ces éléphants ne s'arrêtent donc jamais !
Je rentrerai sur le camp, fatigué par ces nombreuses heures de marches. Guillaume me remotivera le soir venu. Je dois y arriver !

Mercredi 4/04 :

4h30 : J'ouvre les yeux, un bruit m'a réveillé, ou plutôt un rugissement ! Non je ne rêve pas ! Le lion est là, tout proche du camp. Lui aussi m'aura fait l'honneur de me saluer, et du coup réveiller tout le camp...
Comme tous les matins, petit-déjeuner à la lampe à pétrole (l'électricité n'est mise que 4 heures par jour), et une souris s'invite. Pas de pitié, Adamou et Guillaume saisissent une lance sur le mur. Quelle scène ! La souris déjouera l'attaque de mon guide et du serveur ! Nous rejoignons le 4x4 en riant, et saluons les enfants du village.
Nous sommes en savane arbustive et traversons plusieurs bakos. Un troupeau de potamochères nous observe avant de prendre la fuite.
Nous remontons un troupeau de 7 éléphants, malheureusement sans male suffisamment gros. Une nouvelle marche en plein soleil.
Retour au camp, 2 braconniers ont été à nouveau arrêtés. FARO EAST déploie beaucoup de moyens de lutte contre le braconnage, ce fléau dramatique et sans fin, les équipes sont permanentes, travaillent de façon intensive, et ne laissent aucun répis aux braconniers ce qui de fait diminue considérablement leur champ d'action. ses ravages. Dans ces territoires reculés , sans la présence de camps de chasse, et de leur détermination, ces régions seraient totalement pillées. Ce soir notre cuisinier nous servira un canard aux olives et papayes en dessert.

Jeudi 5/04 :

Nous partons sur une nouvelle piste toute récemment tracée pour recouper 2 parcelles. Nous y apercevons les traces d'un solitaire et nous mettons de suite en chasse. Déjà l'avant dernier jour du safari, je commence à douter du résultat. 1 heure plus tard l'éléphant est là, plein travers, 30 mètres. Le verdict tombe : c'est une femelle, j'enrage ! Guillaume et ses pisteurs ne lâchent rien. Nous repartons sur un troupeau qui se bloque dans un mayo. Nous restons 5 heures sur place sans bouger. Ils sont à couverts et nous ne pouvons les approcher sans nous faire éventer. Ils décident enfin de partir. Nous les observons à la jumelle, mais encore une fois pas de gros mâle. Nous reprenons le chemin du camp et je me fais une raison, ça aura été une belle aventure quand même. Dernière soirée autour du feu de camp. L'amertume est dans l'air.

Vendredi 6/04 :

5h40 : Départ. Guillaume m'informe que nous chasserons jusqu'à 10 heures, car je dois prendre mon avion le soir.
Nous relevons les traces de 4 éléphants, dont un bon pied visible.
Les crottes sont fraîches et l'espoir est permis. L'allure est vive et les pisteurs sont tendus. Les éléphants ont traversé le mayo, en décrivant une boucle, pour revenir au point de départ. Nous approchons le mayo et entendons les branches craquer. Ils sont là devant nous. Guillaume bloque la colonne et donne les ordres. Nous nous arrêtons à 35 mètres. Le gros mâle est là. 8h45 : Nous sommes en position. La carabine est sur le trépied. J'ai le mâle en joue, mais une femelle est devant et nous interdit le tir. Il faut attendre qu'elle s'éloigne. Les mouches Tsé-tsé me ravagent les jambes et le cou. La tension est palpable.
9h30 : La femelle bouge enfin. Le mâle me regarde en face. Les battements de mon cur frappent mes tempes. Guillaume donne l'ordre de tir.
La 375 gronde, l'éléphant ne tombe pas ! nous prenons la trace, le sang est régulier. Gadal me montre que l'éléphant traîne les pattes. Au bout de 15 mn il lâche le troupeau. C'est bon signe pour nous.

Malheureusement il est grand temps pour moi de rentrer sur le camp. Je dois partir. Je suis tellement déçu de ne pas aller au bout. Guillaume me l'assure, il va le retrouver, mais JE n'aurai pas été au bout. J'en suis meurtri.
Je monte dans le 4x4 et dis au revoir à l'équipe.
Au camp, je suis accueilli par Patrick Dahlan, tout juste arrivé avec son épouse. Voyant ma déception, à nouveau il prend les choses en main !
2 coups de téléphones et 10mn plus tard, tout est arrangé, je partirai dans 48 heures. Je suis heureux, déjeuner très rapide et il est 13H00, je saute dans le 4x4 avec lui. Nous rejoignons l'équipe sur la trace de nos pisteurs et grand bonheur :
Eléphant tombé- Eléphant tombé ! C'est la joie.
Nous retrouvons Guillaume et l'équipe au pied de l'éléphant. Il est couché sur le côté. La 458 lui a mis sa balle d'achèvement.
L'ambiance est à la fête. Les pisteurs sont heureux et moi tout autant. Nous prenons les photos d'usage.
Je touche cet animal qui m'a donné tant d'émotions et commence à peine à réaliser ce qui m'est arrivé...
Les Tam Tam résonneront dans la savane ce soir.

Il aurait sûrement été logique de commencer l'expérience africaine avec des petites antilopes et progressivement de m'attaquer à expérience plus musclée mais une telle occasion ne se réfléchit pas et autant préciser que j'étais entre bonnes mains.
J'ai, à travers ce safari, dépassé mes limites physiques et pu me faire une idée sur la chasse de cet extraordinaire animal, loin très loin de tous les clichés qui peuvent l'entourer.

Au travers de ce jeu concours, l'Association des Guides de Chasse Professionnels avait nourri l'espoir que le gagnant soit plutôt un novice qu'un expérimenté pour promouvoir la « contagion des passions africaines » à commencer par sa découverte, le tirage au sort pouvait en décider autrement. Je remercie sincèrement l'ACP. J'ai découvert un Président déterminé dans la structuration, le renforcement des valeurs et la reconnaissance des professionnels, et j'encourage vivement non seulement les guides qui tiennent à leur profession à le suivre mais également tous les acteurs chasseurs à souscrire fortement aux opération jeu concours et autres de l'ACP. Derrière des objectifs d'animation et d'évènement se déclineront des retombées importantes pour les guides eux mêmes mais également pour les enjeux de continuité de la chasse en général.

Je tiens en particulier à remercier le Guide de Chasse Patrick DAHLAN , Guillaume Becker et leur équipes pour leurs qualités professionnelles et connaissances tant sur le terrain face aux animaux que pour l'organisation et leur engagement ayant permis de vivre et réaliser cette magnifique aventure.

Juste une dernière chose, méfiez-vous lorsque vous verrez une souris, l'éléphant n'est jamais loin !